Le soufflé médiatique gonfle, retombe et gonfle à nouveau mais, le problème demeure ; Ingrid Bétancourt est toujours prisonnière et, elle va mourir parce que c’est inévitable.Alvaro Uribe a tout intérêt à sa disparition. Ce président «téflon » comme on le nomme là bas car tout glisse sur lui, est lié aux paramilitaires et autres escadrons de la mort qui ont semé la terreur dans le pays. Ce sont ces mêmes groupes qui disputent le narco trafic aux FARC. La dernière proposition d’Uribe semble tout à fait acceptable pour les observateurs étrangers cependant, elle a peu de chances d’aboutir. Aucun journaliste n’a jamais expliqué qu’au milieu des années 80, suite à la loi d’amnistie du président Betancur, les FARC sont sorties de la jungle pour rentrer dans le jeu démocratique ; résultat, à peu près la moitié de leurs membres ont été assassinés par les paramilitaires. Depuis, évidemment, ils se méfient et demandent des garanties d’autant qu’ils ont beaucoup à perdre au niveau de leur trafic de drogue. Ces garanties, Uribe ne les a jamais données ; encore moins dans sa dernière proposition. Il y a donc peu de chances que cette opération aboutisse d’autant que, contrairement à la France, en Colombie, Ingrid Bétancourt n’est qu’un otage comme un autre et, elle n’a pas la même aura qu’ici. D’autre part, sa mort arrangerait Uribe qui y verrait un prétexte pour accentuer sa politique militariste. Voilà pourquoi je pense qu’on peut s’attendre à la mort d’Ingrid Bétancourt et je crois aussi que ses proches qui connaissent la situation colombienne mieux que moi savent que l’espoir est mince. J’espère, cependant, que je me mets le doigt dans l’œil jusqu’au coude et que l’avenir me donnera tort.