Notre maître à penser, Nicolas Sarkozy, disait "J'entends c'qu'y disent, mais j'en tiens pas compte" (citation rigoureusement exacte à part l'accent). Se peut-il que Hollande, sans le vouloir, fasse la même chose ?
Il vient de nous dire qu'il avait compris le message des élections municipales mais, apparemment, il agit comme s'il n'avait rien saisi. Ceci dit, entre les journalistes et les dirigeants politiques personne ne semble faire l'analyse qu'il faut. Et pourtant, il n'y a pas besoin d'être une grosse pointure pour comprendre.
Commençons par les journalistes. A Toulouse, on nous dit que, curieusement, ce sont les quartiers périphériques sensibles qui ont plutôt voté à droite. Etrangement bizarre, bizarrement singulier. Bien sûr, ces braves gens n'ont pas comparé les résultats aux taux d'abstention dans ces quartiers, s'ils l'avaient fait, ils auraient constaté que l'abstention est bien plus forte que la moyenne et, donc, que ce sont les électeurs traditionnellement de gauche qui sont restés chez eux.
Les politiques maintenant. Au FN on jubile, et pourtant… 596 listes pour 36681 communes, c'est-à-dire 1,6%.
1381 conseillers élus sur 209706 soit 0,66%. Un véritable raz de marée…Dans une cuvette. Au fait, le gros borgne avec une chemise noire et sa poissonnière décolorée, où se présentaient-ils ?
A l'UMP, on triomphe. Bien sûr, quand les électeurs de gauche s'abstiennent, il est plus facile de gagner. De là à en faire une envie irrépressible de droite, il y a un gouffre. Je rappelle à ces braves gens que leur héros s'est fait virer il y a 2 ans.
Quant au PS, j'en rirais si ça n'était pas aussi tragique.
Il semble que les électeurs, en particulier ceux de gauche, se demandent pourquoi voter pour un camp qui fait la même politique que le camp adverse. Ils rejettent la classe politique déconnectée du peuple, qui fait la course aux prébendes et aux fonctions prestigieuses, qui font de la politique un simple métier et cumulent jusqu'à plus soif. Apparemment, ils veulent plus d'égalité et de solidarité.
Et qu'est ce qu'on leur propose pour les calmer ? Valls premier ministre. Un type que l'UMP ne renierait pas, qui n'a jamais fait autre chose que de la politique et dont la femme se permet de faire la police dans sa rue.
Rebsamen à l'emploi. Le plus farouche opposant au non cumul des mandats. Royal à l'écologie parce qu'il faut bien recaser les battus.
Pour mémoire, à la primaire socialiste, Valls n'a recueilli que 6%, ce qui signifie que 94% des électeurs qui ont participé au vote ne veulent pas de lui.
Je me demande si le père François toute sa tête. A mon avis, il se prépare des lendemains encore plus difficiles si c'est possible.