Permettez moi de ne pas participer à la liesse générale, de ne pas verser une larme furtive toute de pudeur rentrée, de ne pas commander, à l'avance, l'autobiographie qui va sortir dans un mois : "7 ans de solitude".
J'en ai un peu marre du battage médiatique autour du cas Cassez ( je n'ai pas pu me retenir, pardonne-moi ami du calembour et des allitérations ).
On dirait le retour de captivité de Florence Aubenas ou Ingrid Betancourt; accueil à l'aéroport par Fabius, réception à l'Elysée par Hollande puis par Sarkozy. Bientôt, pourquoi pas, une statue dans sa ville natale, la légion d'honneur, une fondation à son nom financée par L'oréal et Total, la sanctification par Benoit XVI… Tout ça pour une nana dont on ne sait même pas si elle est coupable ou innocente.
Pendant ce temps là, Michel Antagna est détenu chez nos amis camerounais alors qu'on sait pertinemment qu'il est innocent. Salah Hamouri a fait 7 ans de prison en Israël, condamné sans preuves et obligé de plaider coupable pour éviter de prendre 30 ans. Pour ceux là ( et il y en a d'autres ), pas de battage médiatique. Bien sûr, il faut reconnaître que ce ne sont pas des français de la même qualité que Florence Cassez : Ils sont binationaux et un peu bronzés.
On a, en plus, un portrait au vitriol de la justice mexicaine comme si, chez nous, il n'y avait pas eu l'affaire des irlandais de Vincennes et autres, ainsi que des erreurs judiciaires de haut niveau ( Outreau, Patrick Dils, marc Machin et j'en passe ).
Alors, lâchez-nous la grappe et que Florence Cassez retombe dans un anonymat dont elle n'aurait jamais dû sortir.